Quo vadis Schweiz
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Bulletin N° 3

La politique de sécurité en mutation

Qui façonne la direction — et qui décide ?

Peter Ruckstuhl, Langenthal

Par e-mail

Une nouvelle politique de sécurité ne concerne pas seulement l'armée. Elle touche à la coopération internationale, au traitement de l'information, à la formation politique et, en fin de compte, à la manière dont la Suisse prend ses décisions démocratiques.

La Stratégie de politique de sécurité 2026 du Conseil fédéral invite donc à regarder de plus près : qui en formule les fondements ? Comment certaines conceptions issues de la recherche et du conseil politique parviennent-elles dans les stratégies de l'État ? Et de quelles possibilités disposent le Parlement et le souverain pour codéterminer la direction engagée ?

L'expertise scientifique, une administration professionnelle et des contacts internationaux sont nécessaires. Leur importance ne nous dispense toutefois pas d'exiger de la transparence, des points de vue différents et un contrôle démocratique. Tout lien institutionnel ne signifie pas une influence ; toute recommandation fondée sur l'expertise n'est pas politiquement sans alternative.

Les trois contributions qui suivent éclairent ces rapports : l'influence des réseaux de politique de sécurité, le lien entre politique de sécurité et formation de l'opinion, ainsi que le rôle du Parlement et du souverain. Une question commune les traverse :

Les décisions politiques fondamentales restent-elles ouvertes et compréhensibles — ou finissent-elles par n'apparaître que comme l'exécution de ce qui a déjà été pensé ailleurs ?

01 Qui façonne la politique de sécurité suisse ?

Les stratégies politiques ne commencent pas avec leur publication. Bien avant, il est décidé quels problèmes retiennent l'attention et quelles réponses paraissent plausibles. Qui veut comprendre la politique de sécurité doit donc aussi considérer son processus de formation.

Le savoir naît de l'échange

Le Center for Security Studies de l'EPF de Zurich relie recherche, enseignement et conseil politique. Les partenariats stratégiques avec le DDPS depuis 2004 et avec le DFAE depuis 2012 le montrent : travail scientifique et élaboration de la politique étatique ne se déroulent pas séparément. [1]

foraus — Forum de politique étrangère — y participe également. Elisa Cadelli, alors présidente, faisait partie de la commission d'étude pour la politique de sécurité ; foraus a indiqué y avoir introduit des thèmes comme le changement climatique, la gouvernance de l'IA et la guerre hybride, et estime que certaines de ces perspectives ont trouvé place dans le rapport 2024. [2] Une voie de transmission devient ainsi visible : un think tank développe des propositions, ses membres les portent dans une commission d'experts dont le rapport sert de base au processus stratégique. C'est une participation spécialisée, non encore la preuve d'une influence indue — reste décisif de savoir quelles autres perspectives étaient également représentées.

La mise en réseau peut rétrécir les perspectives

Hautes écoles, services fédéraux, think tanks et organisations internationales travaillent sur des questions communes. Cela peut améliorer la qualité des décisions politiques — et en même temps renforcer mutuellement certaines prémisses. Qui lit pendant des années les mêmes études et collabore avec les mêmes partenaires rencontre certaines conceptions plus souvent que d'autres. Nul besoin pour cela d'un plan secret ni d'un metteur en scène central.

Cela devient problématique lorsque les prémisses de cette pensée ne sont plus reconnaissables comme des hypothèses discutables. Que la sécurité de la Suisse dépende de son environnement européen ne dit pas encore quelle forme de coopération doit en découler. Entre l'appréciation de la situation et la recommandation politique se trouvent des jugements de valeur.

De la transparence plutôt qu'un soupçon général

Remettre en cause par principe le conseil scientifique serait une mauvaise réponse. Ce qu'il faut, c'est la traçabilité : qui attribue et finance les mandats d'étude, selon quels critères les commissions sont-elles composées, quelles positions contraires sont entendues, et quelles recommandations l'administration reprend-elle, pour quels motifs ?

Pour un lien particulièrement délicat, une enquête publiée existe : Rafael Lutz a documenté dans la Weltwoche que plusieurs unités de l'EPF de Zurich reçoivent des fonds de services de défense américains — dont le Center for Security Studies, dont l'accord de coopération passe par l'ambassade des États-Unis à Berne et porte sur la lutte contre la désinformation. L'EPF invoque la liberté de la recherche et la recherche fondamentale ; Lutz en conclut que la haute école s'est laissé entraîner dans la politique de confrontation de l'Occident. [5]

Les illustrations montrent la densité de cet entrelacs. Elles attestent de flux financiers et de coopérations, mais non de la position politique qui en aurait été reprise.

L'expertise doit rendre les alternatives visibles

L'expertise renforce la démocratie lorsqu'elle nomme les incertitudes, montre les alternatives et expose ses propres prémisses. Le Parlement et le public doivent pouvoir reconnaître où s'arrête le savoir établi et où commence la décision politique.

02 La politique de sécurité dans l'espace informationnel et en classe

La politique de sécurité concerne aussi l'information. Des tromperies ciblées et une influence étrangère peuvent mettre une société sous pression. L'État ne doit pas ignorer de tels dangers — son action touche cependant un domaine particulièrement sensible : la libre formation de l'opinion politique.

Qui détermine ce qu'est une information problématique ?

Dans ma prise de position sur la Stratégie de politique de sécurité 2026, j'ai examiné avant tout la mesure M2 relative aux « activités d'influence et à la désinformation ». La stratégie associe cette préoccupation à la collaboration étatique, à la sensibilisation, à la coopération internationale, à des questions de formation et à des mesures réglementaires visant les grandes plateformes de communication. [3]

Toutes ces mesures ne sont pas pour autant problématiques ; ce qui compte, c'est leur conception, leurs bases et leur contrôle. Une nouvelle manifestement falsifiée est autre chose qu'une interprétation contestée d'un conflit international, une campagne d'influence organisée de manière occulte n'est pas la même chose qu'une position intérieure dérangeante. La démocratie directe vit de ce que les citoyens peuvent questionner les appréciations officielles : une position des autorités n'acquiert pas le statut de vérité du seul fait qu'elle est défendue par une autorité.

La politique de sécurité devient contenu d'enseignement

Un exemple concret est le moyen d'enseignement « Wie sicher sind wir ? Die Sicherheitspolitik der Schweiz », édité par la Haute école pédagogique de Lucerne et le Secrétariat d'État à la politique de sécurité SEPOS ; la troisième édition a été présentée le 16 juillet 2026. Il se compose d'une brochure de 96 pages et du site sicherheits-politik.ch et s'adresse au degré secondaire II. [4] La politique de sécurité devient ainsi l'objet d'un travail de formation auquel participe le service fédéral compétent.

Participation de l'État et partialité du contenu sont toutefois deux affirmations distinctes : la première se montre par l'édition et la collaboration ; pour la seconde, il faut examiner les textes, les sources et les consignes de travail eux-mêmes. Qui distingue ces niveaux rend la critique plus solide.

Quelles questions poser à ce moyen d'enseignement

Le moyen d'enseignement revendique lui-même un caractère expressément controversé : le module politique présente cinq questions litigieuses — liberté et sécurité, coûts de la sécurité, neutralité, politique de paix internationale et exportations de matériel de guerre — que les élèves doivent débattre eux-mêmes dans une table ronde. [4] L'examen se déplace ainsi vers la manière dont ces controverses sont taillées : les différentes positions sont-elles présentées dans leur argumentation la plus forte ? Faits, pronostics et jugements de valeur sont-ils distinguables ? À côté des autorités et des institutions spécialisées, des positions contraires argumentées figurent-elles aussi ?

Parler d'endoctrinement politique ne serait pas justifié au vu du matériel disponible ; le moyen d'enseignement contient des positions contraires et exige des jugements propres. La question qui subsiste porte sur la pondération — quelles voix sur la neutralité, l'OTAN, la politique de paix et la désinformation sont présentées en détail et lesquelles ne le sont qu'en marge. Cette analyse fine reste à faire.

La capacité de juger plutôt qu'une adhésion prescrite

L'école doit rendre les jeunes capables d'examiner les sources et de former leurs propres jugements politiques. La protection contre la manipulation et la liberté de contredire vont de pair : une société résiliente n'a pas besoin d'opinions uniformes, mais de citoyens capables de juger avec des motifs — y compris à l'égard de leur propre gouvernement.

03 Parlement et souverain : qui décide encore de la direction ?

La participation démocratique peut perdre de son poids sans qu'un seul droit ne soit expressément supprimé. Si les prémisses et les objectifs sont déjà consolidés avant que le débat public ne commence, le Parlement et le souverain ne décident plus que des étapes d'un chemin déjà tracé.

La décision d'orientation commence avant la décision formelle

Un récit politique n'est pas une histoire fausse, mais un cadre d'interprétation : il classe les événements, relie causes et conséquences et fait apparaître certaines réponses comme évidentes. La politique de sécurité ne se passe pas non plus de telles mises en ordre. Ce qui est décisif, c'est qu'elles restent ouvertes à la discussion — car l'appréciation d'une menace n'est pas identique à la décision sur les engagements que la Suisse contracte et les priorités qu'elle se donne.

Dans le processus stratégique, ces niveaux peuvent se confondre : une étude formule un problème, une commission reprend certaines considérations, l'administration élabore un cadre d'action. Si celui-ci devient plus tard le point de départ d'autres projets, une option d'abord discutable peut peu à peu devenir le « courant normal ».

Le Parlement aussi peut perdre de sa force créatrice

Cela ne concerne pas seulement le souverain. Les parlementaires se trouvent eux aussi devant une direction déjà fortement préformée par des rapports, des planifications, des coopérations et des travaux administratifs préparatoires ; les délibérations ne portent alors plus guère que sur la mise en œuvre, le financement et les détails.

Une décision de principe divergente demeure possible, mais apparaît de plus en plus comme une rupture avec ce qui est déjà planifié. Plus les étapes suivantes s'alignent sur une stratégie, plus une correction de cap devient coûteuse. Le risque réside moins dans une perte formelle de compétences que dans le rétrécissement de la marge de manœuvre effectivement perçue — cela ne se démontre qu'à partir de décisions et de compétences concrètes ; une stratégie seule ne le prouve pas.

Le souverain ne doit pas être consulté seulement à la fin

Une stratégie faîtière n'est pas une révision constitutionnelle. Elle marque pourtant la politique ultérieure en regroupant des objectifs et en alignant des mesures les unes sur les autres. Lorsque les citoyens se prononcent sur un projet particulier, ils devraient pouvoir en reconnaître l'inscription d'ensemble : à quelle orientation à long terme sert-il, quelles alternatives ont été examinées, quelles décisions préalables le fondent ? La participation politique s'affaiblit lorsque de tels liens n'apparaissent qu'après coup — même si chaque projet pris isolément est traité correctement.

Ce qu'exige un débat d'orientation ouvert

Les prémisses stratégiques devraient être expressément désignées comme vérifiables, avec leurs incertitudes et les positions contraires argumentées. Il devrait être traçable de savoir quelles recommandations, issues de quels processus consultatifs, ont été reprises. Le Parlement a besoin d'avoir en temps utile l'occasion de débattre de l'orientation fondamentale — et non seulement de son exécution. Et la mise en œuvre d'une stratégie devrait donner lieu à un réexamen de ses objectifs, non au seul contrôle des mesures accomplies.

Le Parlement et le souverain doivent rester davantage que des instances de confirmation a posteriori : ils doivent pouvoir reconnaître la direction, la questionner et la modifier effectivement.

C'est à cela que devrait se mesurer une politique de sécurité qui prétend protéger la Suisse démocratique.

04 — Illustrations

Réseaux et flux financiers

Les deux représentations montrent des relations institutionnelles et des flux de fonds. Elles attestent qui finance qui et qui coopère avec qui — non la position matérielle qui en découlerait.

Schéma des contributions de services publics, de fondations et de bailleurs étrangers à foraus et à swisspeace.
Réseau et flux financiers La représentation réunit les contributions de services publics, de fondations et de bailleurs étrangers à foraus et à swisspeace. Les deux séries de valeurs sont documentées dans les annexes à la fin de cette édition. Un financement atteste d'un flux de fonds, non d'une consigne matérielle. Sources : foraus — Forum de politique étrangère, rapport financier 2024, et swisspeace, rapport financier 2024.
Schéma des financements et accords de coopération entre des unités de l'EPF de Zurich et des services de défense américains.
Réseau CSS (EPF de Zurich) L'enquête documente des financements et des accords de coopération entre des unités de l'EPF de Zurich et des services de défense américains, dont un accord du CSS passant par l'ambassade des États-Unis à Berne et portant sur la lutte contre la désinformation. Source : Rafael Lutz : « ETH im Dienste des Pentagons », Die Weltwoche n° 4.25 du 23 janvier 2025, pages 40–41.

05 — Sources et références

Sur quoi s'appuient les affirmations de cette édition

Les chiffres dans le texte renvoient à cette bibliographie. Lorsque l'éditeur d'un document en autorise la diffusion, le fichier est directement accessible.

  1. [1] CSS de l'EPF de Zurich

    Center for Security Studies (CSS), EPF de Zurich : indications propres sur le mandat, la recherche et le conseil politique ainsi que sur les partenariats stratégiques avec le DDPS (depuis 2004) et le DFAE (depuis 2012) ; css.ethz.ch.

  2. [2] foraus et commission d'étude pour la politique de sécurité

    Données financières : rapport financier 2024 de foraus — Forum de politique étrangère, condensé dans l'annexe 1. Données matérielles : prise de position de foraus sur le rapport de la commission d'étude pour la politique de sécurité 2024, foraus.ch ; l'appartenance de la présidente d'alors, Elisa Cadelli, à la commission repose sur la même prise de position. L'affirmation de l'organisation sur les perspectives qu'elle a apportées reste à distinguer d'une influence démontrée sur la formulation de la stratégie.

  3. [3] Stratégie de politique de sécurité 2026

    Secrétariat d'État à la politique de sécurité SEPOS : « Projet mis en consultation relatif à la Stratégie de politique de sécurité 2026 », Berne 2025, ainsi que la Stratégie de politique de sécurité 2026 du Conseil fédéral. La mesure M2 est à citer avec son libellé et la pagination de la version utilisée.

  4. [4] Moyen d'enseignement « Wie sicher sind wir ? »

    Philippe Herren, Hans Utz, Larissa Zogg : « Wie sicher sind wir ? Die Sicherheitspolitik der Schweiz », édité par la Haute école pédagogique de Lucerne et le SEPOS, 3e édition, hep Verlag, Berne 2026, 96 pages, ISBN 978-3-0355-3208-1. Site d'accompagnement : sicherheits-politik.ch. Les indications sur les modules, les questions directrices et le public cible proviennent de la brochure.

    Brochure « Wie sicher sind wir ? », 3e édition 2026 (PDF, en allemand)
  5. [5] EPF de Zurich et services de défense américains

    Rafael Lutz : « ETH im Dienste des Pentagons », Die Weltwoche n° 4.25 du 23 janvier 2025, pages 40–41. L'article s'appuie sur les données de la plateforme Highergov et cite des montants de soutien ainsi que des accords de coopération d'unités de l'EPF ; la prise de position de l'EPF y est reproduite.

    Rafael Lutz : « ETH im Dienste des Pentagons » (PDF, en allemand)
  6. [6] swisspeace — Fondation suisse pour la paix

    swisspeace, Bâle : rapport financier 2024, comptes annuels selon Swiss GAAP RPC, contrôle restreint par BDO SA, Bâle, rapport du 22 avril 2025. Les valeurs individuelles figurent dans l'annexe 2.

    swisspeace, rapport financier 2024 (PDF, en allemand)

Annexe 1

foraus — Forum de politique étrangère : produits 2024 comparés à 2023

Produits tirés du rapport financier 2024 de foraus — Forum de politique étrangère, condensés en deux aperçus : selon l'origine des fonds et selon les principaux bailleurs. Tous les montants en francs suisses ; la colonne 2023 sert à la comparaison avec l'exercice précédent.

Produits selon l'origine

Produits selon l'origine
Poste 2024 2023
Contributions des pouvoirs publics (Confédération, hautes écoles, services étrangers) 308'239 258'835
Contributions d'institutions privées (fondations, associations, entreprises) 254'481 255'575
Contributions du consortium de soutien (financement de base depuis 2020) 200'000 235'000
Dons de particuliers et entreprises 32'500 44'000
Produit des prestations fournies (vente de livres) 912 3'647
Somme des postes énumérés 796'132 797'057

Les principaux bailleurs 2024 (dès CHF 20'000)

Les principaux bailleurs 2024 (dès CHF 20'000)
Poste 2024 2023
Office fédéral des assurances sociales OFAS (art. 7 al. 2 et art. 10 LEEJ) 159'090 115'406
Département fédéral des affaires étrangères DFAE 104'526 63'930
Fondation Hirschmann 75'000 75'000
Consortium de soutien : Fonds pionnier Migros, Mercator, Fondation Salvia ainsi que Fondation Emil & Rosa Richterich-Beck (CHF 50’000.– chacun) 200'000 235'000
Fondation Volkart 50'000 0
Fondation Beisheim 40'000 0
Fondation genevoise non nommée 40'000 30'000
Movetia 30'000 50'000
Office fédéral de la culture OFC 24'000 0
Foreign, Commonwealth and Development Office, Royaume-Uni 20'622 14'641
Autres bailleurs, chacun sous CHF 20'000, et bailleurs sans contribution en 2024 51'982 209'433
Total des contributions et dons 795'220 793'410
Ce qui a changé par rapport à 2023
Les contributions des pouvoirs publics sont passées de CHF 258’835.– à CHF 308’239.–, portées avant tout par les aides financières de l'OFAS, par le DFAE et par une nouvelle contribution de l'Office fédéral de la culture. Les contributions d'institutions privées sont restées, avec CHF 254’481.–, proches du niveau de l'année précédente, mais le cercle des bailleurs a fortement changé : la Fondation Volkart et la Fondation Beisheim sont nouvelles, tandis que la Fondation Ernst Göhner, Pfizer AG, la Fondation Kairos, la Sunflower Foundation et Caritas Suisse, entre autres, ont disparu. Le consortium de soutien (CHF 200’000.– contre CHF 235’000.–) et les dons (CHF 32’500.– contre CHF 44’000.–) sont en recul. Du côté public, le SECO, l'Université de Zurich, l'Université de Genève et l'ambassade de France ne figurent plus parmi les bailleurs.
Financement de base et autres produits
Les fondations et fonds réunis dans le consortium soutiennent foraus depuis 2020 par un financement de base ; selon le rapport, il repose sur le dossier « Penser au-delà des frontières » avec trois priorités pour 2021 à 2024, un reporting commun, un protocole d'accord et des rencontres semestrielles. Pour 2025, ce soutien a été reconduit sous la forme d'une période de financement pluriannuelle. Avec les cotisations des membres, les dons et l'aide financière de l'OFAS selon l'art. 7 al. 2 LEEJ, le financement de base représentait 42 pour cent des produits en 2024. Ne figurent pas dans les tableaux les cotisations des membres ainsi que des produits divers de CHF 13’818.–, provenant selon le rapport principalement de la sous-location à l'association Opendata.ch dans les bureaux de foraus à la Marktgasse 36 à Berne.
Remarque de lecture
Ce relevé atteste de flux financiers et de relations institutionnelles, non de consignes matérielles adressées au travail de foraus. Il montre toutefois dans quelle mesure des services fédéraux — notamment le DFAE, l'Office fédéral des assurances sociales et l'Office fédéral de la culture — ainsi que des services étrangers comme le Foreign, Commonwealth and Development Office britannique cofinancent une organisation qui participe à la formation de l'opinion en matière de politique extérieure et de sécurité. C'est précisément cette double position qui fait l'objet de la première contribution.

Source : foraus — Forum de politique étrangère, rapport financier 2024. Tableaux « Contributions du consortium », « Dons » et « Produit des prestations fournies » en page 16 ; les tableaux relatifs aux contributions des pouvoirs publics et des institutions privées figurent sur la double page précédente, dont la pagination sera ajoutée. Les regroupements et les totaux de cette annexe sont calculés à partir des valeurs individuelles du rapport ; une différence d'arrondi d'un franc pour les contributions publiques provient du rapport. Ne figurent pas dans les tableaux les cotisations des membres ainsi que des produits divers de CHF 13’818.–.

Annexe 2

swisspeace — Fondation suisse pour la paix : produits et charges 2024 comparés à 2023

Données tirées du rapport financier 2024 de la Fondation suisse pour la paix — swisspeace, Bâle (Swiss GAAP RPC, contrôle restreint par BDO SA le 22 avril 2025), résumées en trois aperçus. Tous les montants en francs suisses ; la colonne 2023 sert à la comparaison avec l'exercice précédent.

Dons et contributions reçus

Dons et contributions reçus
Poste 2024 2023
Contribution de base du DFAE (Division Paix et droits de l’homme DPDH) 925'000 925'000
Contribution du DEFR selon l’art. 15 LERI (via le SEFRI) 777'700 797'100
Contribution du canton de Bâle-Ville 408'568 408'568
Contribution de l’Université de Bâle 81'712 80'046
Contribution de l’ASSH 25'000 25'000
Fonds libres d’affectation (dons et contribution de pro swisspeace) 56'550 66'585
Total des dons et contributions reçus 2'274'530 2'302'299

Produit d'exploitation total

Produit d'exploitation total
Poste 2024 2023
Dons et contributions privés 485'226 205'592
Contributions de la Confédération (dons et mandats) 2'218'911 2'907'453
— dont SEFRI 777'700 797'100
— dont DFAE, Division Paix et droits de l’homme DPDH 1'426'211 2'075'573
Contributions de bailleurs publics 2'743'079 2'468'350
— dont canton de Bâle-Ville 459'554 433'934
Produit des prestations fournies 2'001'704 2'710'606
Total du produit d'exploitation 7'448'920 8'292'001

Charges de projets et de prestations par domaine

Charges de projets et de prestations par domaine
Poste 2024 2023
Mediation 2'329'337 2'242'816
Dealing with the Past 1'440'418 1'429'394
Analysis & Impact 1'264'930 1'655'745
Ressources, Governance & Conflict 657'715 984'696
Continuing Education 441'190 446'650
Services d’état-major et projets spéciaux 379'342 536'086
Charges de coordination de projets 319'913 347'310
Total 6'832'844 7'642'699
Contribution de base du DFAE
Selon le rapport, la contribution de base de CHF 925’000.– provient du Département fédéral des affaires étrangères, en particulier de sa Division Paix et droits de l'homme DPDH, et s'inscrit dans un partenariat stratégique. Elle est destinée aux échanges et à la mise en réseau et doit notamment permettre les débats de politique de paix, le développement des compétences, le transfert de savoir et le backstopping. En plus de cette contribution de base, swisspeace a reçu en 2024 des mandats de la DPDH pour CHF 605’574.– ainsi que des mandats de la DDC pour CHF 259’230.–.
Contribution fédérale à la recherche
Le DEFR, respectivement le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation SEFRI, reconnaît swisspeace comme institution de recherche d'importance nationale sur la base de l'article 15 de la loi sur l'encouragement de la recherche et de l'innovation. La contribution de CHF 777’700.– est destinée à l'activité de recherche.
Canton de Bâle-Ville et Université de Bâle
Le Grand Conseil du canton de Bâle-Ville a décidé le 11 janvier 2023 de soutenir swisspeace pendant quatre ans à hauteur de CHF 400’000.– par an, renchérissement compris : CHF 300’000.– comme contribution d'exploitation pour la recherche et la promotion de la paix et CHF 100’000.– pour le Basel Peace Forum. Institut associé de l'Université de Bâle, swisspeace réalise en outre des projets du Fonds national suisse ; l'université participe à l'administration des projets. Les indemnités pour la collaboration dans l'enseignement, de CHF 98’189.– (année précédente CHF 110’483.–), sont comprises dans les produits des livraisons et prestations.
Fonds privés
En 2024, swisspeace a reçu de bailleurs privés des dons sans affectation particulière pour CHF 50’050.– (année précédente CHF 58’833.–). L'association de soutien pro swisspeace a participé aux frais généraux à hauteur de CHF 6’500.– (année précédente CHF 7’500.–). Selon le rapport, la fondation ne mène pas de campagne de collecte propre ; les charges de recherche de fonds déclarées se montent à CHF 10’609.–.
Organisation
Au 31 décembre 2024, la fondation employait 63 collaboratrices et collaborateurs (année précédente 69). La direction est présidée par le Prof. Dr Laurent Goetschel, le conseil de fondation par le Dr Jakob Kellenberger. Les membres du conseil de fondation exercent leur mandat à titre bénévole ; des salaires bruts de CHF 189’104.– au total ont été versés à la direction en 2024.
Remarque de lecture
Sur les dons et contributions reçus, CHF 1’702’700.– provenaient en 2024 de la Confédération, soit environ trois quarts. En y ajoutant les mandats, les fonds fédéraux atteignaient CHF 2’218’911.–, soit près de trente pour cent du produit d'exploitation total. Ces chiffres attestent de flux financiers et de relations institutionnelles, non de consignes matérielles adressées à la recherche. Ils importent là où les mêmes organisations interviennent comme voix indépendantes dans la formation de l'opinion publique et dans le matériel d'enseignement — ainsi Laurent Goetschel est-il cité comme voix experte sur la conception de la neutralité dans le moyen d'enseignement « Wie sicher sind wir ? ».
Valeurs divergentes de l'exercice précédent
Le rapport financier indique à trois endroits des valeurs légèrement différentes pour les dons et contributions reçus l'année précédente : CHF 2’302’298.84 dans le compte d'exploitation, CHF 2’302’289.84 au chiffre 9.1 et CHF 2’302’047.– dans le tableau de variation du capital. La présente annexe reprend telles quelles les valeurs du tableau concerné ; la différence est à clarifier auprès de l'éditeur du rapport.

Source : swisspeace — Fondation suisse pour la paix, rapport financier 2024, Bâle 2025. Compte d'exploitation page 3, tableau de variation du capital page 5, annexes au compte de résultat chiffres 9.1 et 9.2 pages 14 et 15, autres indications chiffres 10.2 à 10.4 page 17. Rapport de l'organe de révision BDO SA, Bâle, du 22 avril 2025 relatif au contrôle restreint selon Swiss GAAP RPC 21. Toutes les valeurs sont arrondies au franc ; il en résulte des écarts de quelques francs par rapport aux totaux des colonnes.

swisspeace, rapport financier 2024 (PDF, en allemand)

Avec mes meilleures salutations
Peter Ruckstuhl

Peter Ruckstuhl, Langenthal — 20 septembre 2026

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