Contribution 01
Médias et alarmisme — comment se fabrique l'opinion publique
Quand le quatrième pouvoir devient amplificateur, le débat ouvert s'éteint — non par interdiction, mais par la peur.
D'après l'exposé de l'association suisse WIR, « Covid-Fakten-Check Schweiz », livre 3 (en allemand) · 3 min de lecture
Résumé
La contribution examine comment communication politique et couverture médiatique ont agi de concert pendant la crise du coronavirus. Elle décrit des campagnes qui informaient moins qu'elles ne pilotaient les comportements, un choix unilatéral d'experts dans les émissions et les reportages, ainsi que des documents de stratégie où la peur est expressément décrite comme un moyen de modifier les conduites. Pour le champ de la liberté d'expression, la question décisive n'est pas d'abord médicale, mais civique : qu'advient-il d'une démocratie lorsque les voix divergentes ne sont plus réfutées, mais étiquetées ?
Texte de référence
« Panikmache als Strategie — die Rolle von Politik und Medien »
Association suisse WIR, « Covid-Fakten-Check Schweiz », livre 3 · PDF · en allemand
Le texte à la base de cette contribution. Il suit pas à pas la communication des années de pandémie : des formules qui sonnaient scientifiques mais sont nées comme formules de communication, des campagnes aux images chargées d'émotion, la présentation quotidienne de chiffres de cas sans contexte — et des documents de stratégie où l'effet de la peur est nommé ouvertement. Qui veut lire les preuves et les citations dans leur contexte les trouve là.
Ouvrir le texte originalUn récit qui sonne scientifique
Le point de départ est la communication politique. Une expression comme « flatten the curve » sonnait scientifique, mais elle est née avant tout comme formule de communication. Le sociologue allemand Heinz Bude, coauteur d'un document de stratégie, a concédé plus tard qu'il fallait un récit à consonance scientifique pour entraîner la population.
La contribution relève des contradictions entre l'appréciation interne et la communication publique : en février 2020 encore, il était retenu en interne que le virus ne se transmettait pas aussi facilement que la grippe — des confinements et des fermetures d'écoles étaient néanmoins préparés. La position sur les masques s'est elle aussi inversée en quelques mois, sans que ce changement soit expliqué.
Des campagnes qui ne renseignent pas, mais orientent
Les campagnes d'information étatiques sont décrites comme un exemple d'influence psychologique. Des slogans promettaient une protection des tiers qui n'a plus été soutenue par la suite ; des images chargées d'émotion — des enfants qui embrassent à nouveau leurs grands-parents — suggéraient une sécurité que le produit ne pouvait pas offrir.
Les appels illustrés de services de soins intensifs saturés fonctionnaient de la même manière. Une partie de ces images ne provenait même pas de Suisse. Le message, selon la contribution, restait sans équivoque : qui ne respecte pas les règles met les autres en danger.
Du gardien à l’amplificateur
Le reproche le plus vif s'adresse aux médias de masse. Les chiffres de cas auraient été présentés chaque jour sans contexte — les taux de mortalité et de guérison, en revanche, presque jamais. Dans les émissions et les reportages, presque seuls les partisans des mesures auraient eu la parole, tandis que des critiques connus étaient classés comme « théoriciens du complot », sans que leurs arguments soient examinés.
La coordination étroite entre maisons de médias et autorités est également thématisée. Officiellement, il s'agissait d'un combat commun contre la désinformation ; dans ses effets, selon la contribution, elle a conduit à ce que les positions divergentes deviennent systématiquement moins visibles.
La liberté d'expression est rarement restreinte par une interdiction. Elle s'érode là où une affirmation n'est plus réfutée, mais seulement attribuée à un camp.
La peur comme méthode décrite
La contribution s'appuie sur des documents de stratégie où l'effet de la peur est nommé ouvertement — par exemple la peur de l'étouffement ou l'idée que des enfants pourraient contaminer parents et grands-parents. De telles formulations ne visaient pas la pesée des arguments, mais l'adaptation des comportements.
Le rôle de la communication étatique s'en trouve déplacé : ce n'est plus la citoyenne ou le citoyen qui pèse, c'est un message qui doit déclencher une réaction. C'est exactement en ce point que la question de la communication touche aux droits fondamentaux.
- Qui décide de ce qui compte comme désinformation — et selon quelle procédure ?
- L'État peut-il travailler avec les émotions alors qu'il décide en même temps d'atteintes aux droits fondamentaux ?
- Que reste-t-il de la fonction de contrôle des médias lorsque rédactions et autorités communiquent ensemble ?